Sinistra proletaria : l'automne rouge a déjà commencé

« L’automne rouge a déjà commencé

L’automne que nous allons vivre s’annonce comme une échéance de lutte décisive dans le conflit de pouvoir […]. Contre les institutions qui planifient notre exploitation, contre les lois et la justice des patrons, la fraction la plus déterminée et la plus consciente du prolétariat en lutte a déjà commencé à combattre pour construire une nouvelle légalité, un nouveau pouvoir. Pour construire son organisation. Quelques exemples: l’enlèvement et l’exposition publique, par les ouvriers d’Ignis à Trente, des fascistes provocateurs qui avaient poignardé deux des leurs de manière préméditée1; l’occupation et la défense des logements occupés, seule manière d’accéder enfin à un logement […] ; l’apparition d’organisations ouvrières autonomes (Brigades rouges) qui sont l’indice que l’auto-organisation prolétarienne commence à se doter d’instruments pour combattre les patrons et leurs valets sur leur propre terrain, « à égalité », avec les mêmes moyens que ceux qu’on utilise contre la classe ouvrière: directs, sélectifs, et sûrs comme à l’usine Siemens.

 

ORGANISONS LA RÉSISTANCE DES MASSES POPULAIRES…

Il est temps de s’organiser sur la ligne de feu pour enraciner dans les luttes les contenus de la nouvelle pratique révolutionnaire: la stratégie de la guérilla populaire. Et il est temps de s’investir dans l’affrontement généralisé pour:

– enraciner chez les masses populaires en lutte le principe suivant: “il n’y a pas de pouvoir politique sans pouvoir militaire”;

– éduquer par l’action partisane la gauche prolétarienne et révolutionnaire à la résistance, à la lutte armée;

– mettre au grand jour la structure oppressive et répressive du pouvoir et les instruments de désorganisation de l’unité de classe2. »

  • 1. Le 30 juillet à Trente, agressés par des fascistes au cours d’une manifestation, des ouvriers sont blessés à coups de couteau. En mesure de représailles, des ouvriers et des étudiants contraignent deux représentants locaux du MSI (un conseiller régional et un membre du syndicat CISNAL) à marcher dans les rues de Trente avec une pancarte autour du cou où l’on pouvait lire : « Nous sommes fascistes. Aujourd’hui nous avons poignardé trois ouvriers d’IGNIS. Voilà notre politique pour les ouvriers. » Le Canzoniere pisano a publié une version chantée de cet épisode : Trenta luglio alla Ignis
  • 2. Soccorso rosso, Brigate rosse…, op. cit