La naissance des Brigades rouges

Les luttes de l’automne 1969 et celles du printemps 1970 provoquent une véritable crise de régime. Pour endiguer la conflictualité ouvrière et sociale, le patronat et les services occultes de l’appareil d’État avaient misé sur deux phénomènes: la montée en légitimité du syndicat d’une part, la « stratégie des bombes » et la brutalité de la répression de l’autre. Ils sont à présent contraints de chercher de nouvelles médiations. Agnelli en arrive même à augurer que « les syndicats et les entrepreneurs se mettent d’accord sur la défense commune de certains objectifs, le cas échéant contre le pouvoir politique lui-même […] ».

La loi sur le « statut des travailleurs » et l’instauration des conseils d’usine sont une tentative supplémentaire pour enfermer le mouvement dans de nouvelles formes de représentation, pour fixer de nouvelles règles du jeu. Mais pour l’essentiel, l’autonomie ouvrière continue de ne respecter aucune règle, elle parvient même à détourner les nouvelles structures représentatives pour asseoir son indépendance par rapport aux centrales syndicales1.

Du côté des militants de Potere operaio, de Lotta continua et du CPM (devenu Sinistra proletaria), le spectre d’un tournant réactionnaire et autoritaire de l’appareil d’État fait l’objet d’analyses de plus en plus poussées et de plus en plus précises. On ressent une urgence croissante à se doter des moyens d’y résister, de structures politico-militaires non seulement défensives mais aussi potentiellement offensives.

L’été 1969, l’éditeur Giangiacomo Feltrinelli publie un opuscule où la menace d’un « coup d’État » est sérieusement évoquée. L’ouvrage, intitulé Estate 69. La minaccia incombente di una svolta radicale autoritaria a destra, di un colpo di stato all’italiana2, fait grand bruit. Il le doit pour partie au texte du romancier grec Vassili Vassillikos qui figure en appendice sous le titre En Grèce non plus, nous ne croyions pas que c’était possible, par référence au coup d’État sanglant qui avait écrasé les mouvements et porté les « colonels » au pouvoir avec la complicité des services secrets américains.

Mais si le mouvement se militarise, ce n’est pas simplement ou pas seulement par crainte d’un coup d’État. Avec le « massacre d’État », la bourgeoisie a choisi de déplacer le conflit sur le terrain militaire et ce constat, omniprésent dans les analyses, a chez les militants de fortes répercussions théoriques et idéologiques. On se réfère de plus en plus à la guérilla urbaine latino-américaine (surtout aux Tupamaros uruguayens) et à la théorie de la métropole comme centre du commandement capitaliste. Dans le texte rédigé à Chiavari, le CPM écrit:

 

« La dimension sociale de la lutte est le niveau ultime de son développement: la lutte contre la répression généralisée constitue déjà un moment révolutionnaire […]. La bourgeoisie a d’ores et déjà choisi l’illégalité. La longue marche révolutionnaire dans la métropole est la seule réponse adéquate.

Elle doit commencer ici et maintenant. […]

On n’a pas suffisamment pensé à ce que pouvait signifier un processus révolutionnaire dans le contexte métropolitain du capitalisme avancé. On ne peut y transposer ni les modèles révolutionnaires du passé, ni ceux qui prévalent aujourd’hui dans les régions périphériques […].

a) Dans les zones métropolitaines nord-américaines et européennes, les conditions objectives du passage au communisme sont déjà là: la lutte doit s’attacher pour l’essentiel à en créer les conditions subjectives […] ;

b) À l’heure où structure et superstructure tendent de plus en plus à coïncider, le processus révolutionnaire doit être appréhendé de manière globale, dans ses aspects à la fois politiques et “culturels”. Cela implique la modification des rapports entre les mouvements de masse et l’organisation révolutionnaire, et par conséquent la modification des principes d’organisation.

La ville représente aujourd’hui le cœur du système, elle est le centre où s’organise l’exploitation économique et politique, elle est la vitrine où s’exhibe le “but à atteindre”, le modèle qui est censé motiver l’intégration prolétarienne. Mais c’est aussi son maillon faible: c’est dans la ville que les contradictions éclatent de la manière la plus flagrante, c’est là où le chaos organisé, qui est le propre de la société capitaliste avancée, est le plus évidemment perceptible.

C’est là, au cœur du système, qu’il faut frapper.

La ville doit devenir pour l’adversaire, pour ces hommes qui exercent un pouvoir chaque jour plus hostile et plus étranger à l’intérêt des masses, un terrain mouvant. Nous pouvons contrôler chacun de leurs gestes, dénoncer chacun de leurs abus, révéler au grand jour chaque collusion entre le pouvoir économique et le pouvoir politique3. »

 

Du reste, pour qui veut la regarder avec une certaine dose d’utopie, il semble que la lutte armée progresse partout dans le monde: dans certains conflits en Amérique du nord, dans les métropoles latino-américaines, dans la lutte des Palestiniens qui s’intensifie, et surtout au cœur de l’Europe, en Allemagne, où la RAF a commencé à agir avec une grande efficacité4. On peut lire dans l’ultime numéro de Sinistra proletaria, en octobre 1970:

« La guérilla est à présent sortie de sa phase initiale […], on ne peut plus la considérer comme un simple détonateur […], elle est aujourd’hui l’unique visée stratégique qui soit en mesure de dépasser la perspective insurrectionnelle, désormais inadéquate […], elle pénètre dans les métropoles en donnant au prolétariat mondial une forme commune de lutte et de stratégie. Le Capital unifie le monde dans son projet de contre-révolution armée; le prolétariat s’unit dans la guérilla au niveau mondial.

L’ITALIE ET L’EUROPE NE SONT PAS DES EXCEPTIONS DE ­L’HISTOIRE5. »

 

C’est ainsi qu’en février 1971 s’achève la brève existence de Sinistra proletaria. Les camarades qui avaient porté cette expérience légale l’ont consumée en l’espace de quelques mois. La clandestinité apparaît désormais comme son débouché naturel.

Les autres groupes, au demeurant, confirment dans leurs analyses de la situation la nécessité de hausser le niveau de l’affrontement. Lotta continua en particulier, qui, avec Potere operaio, est massivement présente dans les usines turinoises, semble pencher pour un usage généralisé de la « justice prolétaire » (par opposition à la justice bourgeoise) et pose résolument la question du contre-pouvoir ouvrier. C’est à ce moment que les chansons de lutte font leur apparition dans les manifestations, à la fois pour rythmer les cortèges et pour énoncer de manière concise le sens de la lutte:

 

La Ballata della Fiat (Alfredo Bandelli)

Monsieur le Patron, cette fois
pour toi c’est sûr ça va mal se passer
nous sommes fatigués d’attendre
que tu nous fasses crever à la tâche.
Nous, on continue à bosser
et les syndicats viennent nous dire
qu’il faut encore réfléchir
mais de lutter, on n’en parle jamais.

Monsieur le Patron, on s’est réveillés
et cette fois on va livrer bataille
et cette fois nous serons les seuls
à décider comment nous voulons lutter.
Regarde le jaune comme il se débine
écoute le silence dans les ateliers
peut-être que demain tu n’entendras plus
que le bruit de la mitraille!

Monsieur le Patron, cette fois
pour toi c’est sûr ça va mal se passer
à partir de maintenant si tu veux négocier
tu vas t’apercevoir que ça n’est plus possible.
Et cette fois tu ne pourras pas nous acheter
avec cinq lires d’augmentation
si tu nous en offres dix nous en voulons cent
si tu nous en offres cent nous en voulons mille.

Monsieur le Patron, tu n’as pas réussi à nous rouler
avec tes inventions, avec les délégués
tous tes projets sont éventés
et nous, on lutte contre toi.
Les qualifications et les catégories
nous voulons qu’elles soient toutes abolies
les divisions, c’en est fini
à la chaîne nous sommes tous égaux!

Monsieur le Patron, cette fois
on a appris à lutter
on l’a montré à Mirafiori
on le montrera dans toute l’Italie.
Et quand nous sommes descendus dans la rue
tu t’attendais à un enterrement
mais ça s’est vraiment mal passé
pour ceux qui voulaient nous enfumer.

On en a vu vraiment beaucoup
des matraques et des boucliers romains
mais on a aussi vu tellement de mains
qui allaient chercher leur pavé.
Toute la Turin prolétaire
à la violence policière
réplique désormais sans crainte
les luttes à mener seront dures!

À bas les bureaucrates et les patrons
que voulons-nous? Nous voulons tout!
la lutte continue à Mirafiori
et le Communisme triomphera!
À bas les bureaucrates et les patrons
que voulons-nous? Nous voulons tout!
la lutte continue en usine et ailleurs
et le Communisme triomphera!

L’ora del fucile (Pino Masi et Piero Nissim)

Le monde entier est en train d’exploser
de l’Angola à la Palestine
L’Amérique latine combat
la lutte armée gagne en Indochine
dans le monde entier les peuples
sont gagnés par la conscience
et ils descendent dans la rue
pleins d’une juste violence – et donc
Que veux-tu de plus camarade
pour comprendre
qu’a sonné l’heure
du fusil

L’Amérique des Nixon
Agnew et MacNamara
dans les jungles du Vietnam
est en train de prendre une leçon
les peuples n’aiment pas
la civilisation du napalm
tant qu’il y aura des patrons
il n’y aura pas de paix
la paix des patrons
arrange bien les patrons
la coexistence est une arnaque
pour nous faire tenir bien sages – et donc
Que veux-tu de plus camarade…

En Espagne et en Pologne les ouvriers
nous apprennent que la lutte n’a jamais connu de trêve
contre les patrons unis, contre le capitalisme
même s’il est déguisé en pseudo-socialisme
les ouvriers polonais quand ils étaient en grève
criaient dans les manifs « police-gestapo »
ils criaient « Gomulka pour toi ça finit mal »
ils marchaient en chantant l’Internationale – et donc
Que veux-tu de plus camarade…

Les masses même en Europe ne restent plus passives
la lutte partout s’embrase, on ne peut l’arrêter
l’heure est aux barricades de Burgos à Settino
partout et même ici d’Avola à Turin
d’Orgosolo à Marghera, de Battipaglia à Reggio
la lutte dure est en marche les patrons seront vaincus – et donc
Que veux-tu de plus camarade…
 

 

Les premières actions des Brigades rouges, à l’automne 1970, ne connaissent aucun retentissement particulier. Ce n’est qu’en janvier 1971, avec l’incendie de la piste de Lainate, qu’elles vont devenir l’objet de toutes les attentions, sur le plan national.

« La nuit du 25 janvier 1971, un commando place une bombe incendiaire sous chacun des huit semi-remorques garés sur la piste d’essais de pneumatiques de l’usine Pirelli. Trois camions sont entièrement détruits. Les cinq autres, en raison d’un défaut de fabrication des bombes, et surtout à cause de l’humidité, demeurent intacts. À l’entrée de la piste, on retrouve une feuille de papier qui porte l’inscription: DELLA TORRE-CONTRAT-RÉDUCTIONS DE SALAIRE-MAC MAHON-BRIGADES ROUGES6. »

Ce message télégraphique fait référence à un ouvrier licencié de l’usine Pirelli, à la lutte en cours dans cette usine, et à la grande occupation de logements qui a lieu au même moment à Milan.

Le Corriere della Sera fait grand cas de cet épisode. Il lui consacre un article sur cinq colonnes où, peut-être pour la première fois, les Brigades rouges sont qualifiées de « fantomatique organisation extraparlementaire ».

Le PCI et L’Unità, qui n’avaient rien dit des précédentes actions, minimisent. Leur condamnation tient dans un entrefilet: « Ceux qui ont perpétré [cet attentat] ont beau se cacher derrière d’anonymes tracts à la phraséologie révolutionnaire, ils n’en agissent pas moins pour le compte de ceux qui, tel Pirelli lui-même, ont intérêt à ce que la lutte responsable des travailleurs pour la renégociation de leur contrat, apparaisse aux yeux de l’opinion publique comme une série d’actes de vandalisme. »

Dans un communiqué, le PCI enjoint les travailleurs à se débarrasser eux-mêmes des provocateurs: « Lorsque de tels actes ont lieu, les travailleurs doivent être les premiers à agir pour les éradiquer, par les moyens les plus adéquats à la nature des actes qui ont été perpétrés7. » L’invitation à maintenir l’ordre en recourant à la violence ne saurait être plus explicite et consonne parfaitement avec une précédente déclaration syndicale qui qualifiait les BR de « fanfaronnade provocatrice de pur style fasciste ».

La réaction de Lotta continua est négative elle aussi. Le groupe juge l’action « exemplaire », c’est-à-dire coupée des masses, et objectivement provocatrice. Voici ce que dit son communiqué: « Justement parce que les masses prolétaires n’ont pas besoin qu’on leur explique qu’il faut recourir à la violence, et donc que les actions exemplaires ne sont pas nécessaires […], l’organisation militaire des masses ne se construit pas dès lors que quelques groupes commencent à mener des actions militaires […]. Elle se construit à partir de l’existence d’organisations politiques de masse, stables et autonomes8. »

Quoi qu’il en soit, les actions des Brigades rouges se multiplient, en particulier à Milan. Depuis l’arrêt de la publication de Sinistra proletaria, c’est le journal Nuova resistenza qui représente le mieux leur point de vue. Il emprunte son titre à un texte de la Gauche prolétarienne, l’organisation la plus radicale qu’ait produit le Mai français, qui avait pratiqué des formes de lutte clandestine avant d’être interdite. Il suffit de lire le texte programmatique de la Gauche prolétarienne pour comprendre les affinités profondes qui le lient à la nouvelle pratique de Sinistra proletaria: « Notre politique portera un nom: NOUVELLE RÉSISTANCE: la lutte violente, populaire, des partisans. […] L’heure de la guérilla a sonné9. »

 

Nuova resistenza paraît pour la première fois en 1971. Sous le titre, le mot d’ordre « Prolétaires de tous les pays unissez-vous » est flanqué du symbole de Sinistra proletaria: faucille, marteau et fusils croisés. Le périodique, qui se définit comme « le journal communiste de la nouvelle résistance », envoie (à commencer par son titre) une série de signaux qui font mouche jusque dans les rangs de la base du PCI. On se souvient en effet que depuis les années 1950, tout un courant politique d’anciens partisans et de militants regarde d’un œil très critique les suites que le PCI a choisi de donner à la Résistance, laquelle aurait dû à leur sens se prolonger par un conflit de classe généralisé jusqu’à l’instauration d’un État socialiste. Conformément à ces objectifs, beaucoup de partisans n’avaient pas rendu les armes après la défaite du fascisme et, au cours des années 1950, les carabiniers et la police avaient retrouvé (le plus souvent dans des villages de montagne, mais aussi dans les sous-sols de certaines usines) des centaines de fusils, de mortiers et de revolvers. Naturellement, ces anciens partisans étaient à force devenus un peu mythiques et imaginaires, mais il ne fait pas de doute qu’au moins en juillet 1960 ils étaient descendus armés dans la rue. Danilo Montaldi, dans son Militanti politici di base, nomme cette tendance « sottovoce », en un ingénieux jeu de langage qui emprunte au parler ouvrier: sottovoce était en effet le surnom du traditionnel petit verre de grappa que les ouvriers prenaient le matin avant d’aller à l’usine et dont la vente était interdite avant 8 heures10.

Comme on peut s’en douter, cet imaginaire s’était peu à peu imposé aux nouvelles générations de militants de base. Et la révélation progressive de la ligne « collaborationniste » de la direction du PCI vis-à-vis du néocapitalisme naissant et du gouvernement de centre-gauche n’était pas pour atténuer ce processus.

On se transmettait oralement l’histoire de la Volante rossa, ce groupe paramilitaire actif à Milan et dans le nord de l’Italie dans l’immédiat après-guerre. Des phénomènes semblables étaient apparus dans d’autres régions du Nord, comme la Ligurie et l’Émilie, là où les traditions partisane et communiste étaient les plus fortes. C’est d’ailleurs à Reggio Emilia qu’une scission du PCI et de la FGCI finira par rejoindre les Brigades rouges.

Alberto Franceschini a fait partie de ce groupe. Ce militant, qui avait participé à la rédaction de Sinistra proletaria, était issu d’une des familles historiques de la tradition communiste de Reggio: sa grand-mère avait dirigé une section du syndicat agricole en 1922, son grand-père antifasciste avait passé une bonne partie de sa vie en exil, son père, après avoir été déporté à Auschwitz et s’en être évadé, avait fait partie des Squadre di azione partigiana11. Fabrizio Pelli (qui mourra en prison) et Prospero Gallinari y ont également participé. D’autres comme Azzolini, Roberto Ognibene et Franco Bonisoli fréquentent le « Collettivo politico operai e studenti », plus connu sous le nom de « Gruppo dell’appartemento », du nom du local informel où ses membres se réunissaient après leur sortie des organisations de la gauche officielle.

Le « Groupe » se rapproche de Curcio et de Sinistra proletaria courant 1970 et finit par participer à la fondation des Brigades rouges (même si tous ses membres ne font pas ce choix). D’autres militants, originaires de la région de Novara et surtout des quartiers ouvriers de Milan et de Turin, proviennent d’expériences analogues, ancrées dans la tradition communiste12.

Pendant sa courte existence (deux numéros en trois mois), Nuova resistenza entend jouer un rôle de porte-voix pour tous les groupes spontanés ou clandestins qui s’accordent sur la nécessité de s’opposer par la violence à la contre-révolution armée bourgeoise. Le journal publie les communiqués des BR, mais aussi ceux d’autres groupes, et notamment, dès le premier numéro, ceux des Gruppi d’azione partigiana (GAP).

  • 1. La loi sur le « Statut des travailleurs » adoptée en 1970, sera suivie en 1972 par l’instauration de « Conseils d’usines », instances syndicales électives dotées d’un pouvoir de négociation. Lire à ce propos dans ce chapitre – Problématiques du mouvement ouvrier, notamment la note 63, p. 403
  • 2. « Été 1969. La menace imminente d’un virage radical autoritaire à droite, d’un coup d’État à l’italienne ». Ce texte a été réédité chez Feltrinelli en 2012
  • 3. Soccorso rosso, Brigate rosse…, op. cit
  • 4. La Fraction armée rouge (Rote Armee Fraktion) est une organisation clandestine qui agit en Allemagne fédérale à partir de 1970. Voir La « Bande à Baader » ou la violence révolutionnaire, Champ Libre, 1972
  • 5. Soccorso rosso, Brigate rosse…, op. cit
  • 6. Ibidem
  • 7. Ibidem. Ce sont les auteurs qui soulignent
  • 8. Ibidem
  • 9. Ibidem. Cette citation, légèrement remaniée, est vraisemblablement tirée du texte de la Gauche prolétarienne : De la lutte violente de partisans. Questions du réajustement stratégique, mars 1970 : « Si nous appliquons avec justesse notre politique, l’attaque de l’ennemi sera brisée et l’espoir dans le peuple portera un nom : NOUVELLE RESISTANCE. […] Dans les régions-usines où les masses sont pour nous comme la forêt et la jungle qui nous cachent, il faut mener le travail de propagande politique tout en poursuivant la guérilla. » Ce texte, ainsi que d’autres documents de la GP, sont disponibles en ligne sur archivescommunistes
  • 10. « Lorsque les cheminots, ou les ouvriers de la houillère, ou les terrassiers doivent, l’hiver, travailler à l’extérieur, ils font un saut dès qu’il le peuvent au bistrot voisin et ils demandent un « sottovoce », parce que le matin, sa vente est interdite. À l’intérieur du parti, « sottovoce » est devenu le terme qui évoque l’autre possibilité, celle de la prise révolutionnaire du pouvoir », Danilo Montaldi, Militanti politici di base, op. cit
  • 11. Les SAP sont un groupe de résistants armés fondé en 1944
  • 12. Sur la fondation des BR, l’histoire des « premières colonnes », leur implantation dans les usines du Nord de l’Italie et leurs liens avec les milieux communistes « dissidents », voir Mario Moretti (avec Rossana Rossanda et Carla Mosca), Brigate rosse, Une histoire italienne, op. cit., en particulier le chapitre « De l’usine à la clandestinité », ainsi que Renato Curcio, À Visage découvert, Lieu commun, 1993