Annexes

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Note des traducteurs

Le projet de traduire L’orda d’oro remonte au terme d’une décennie rythmée, en France, par des conflits qui ont érodé «le cynisme et la peur» propres à la société de concurrence: mobilisation massive d’intermittents et de précaires qui, en 2003, ­exigent un droit au chômage; émeutes en banlieue parisienne, en 2005, après la mort de deux adolescents, électrocutés alors qu’ils étaient poursuivis par la police; plusieurs semaines de grèves, manifestations et blocages impulsés en 2006 par des scolarisés, principalement lycéens, lors de l’instauration d’un contrat première embauche (CPE) qui aggravait la précarisation des entrants dans le salariat. Il s’achève au lendemain d’un long printemps de révolte contre l’imposition d’une énième «loi travail» par un gouvernement de gauche. Tout comme leurs conditions d’émergence, de tels moments d’insubordination rappellent que le texte ici publié n’a pas perdu de son actualité. L’histoire continue. Et avec elle, le refus de la société du capital. Crise, austérité, flexibilité, dette, état d’urgence, c’est aussi de ce présent, issu de quarante années de restructuration permanente, que La horde d’or établit la généalogie: celle d’une contre-révolution qui ne dit pas son nom, et qui s’empare de toutes les dimensions sociales de l’existence, des espaces et des temps de vie, de pensée, de ­production, à l’école, à l’université, dans les institutions, dans la rue ou chez soi, jusque dans les corps et les sensibilités.

Remerciements

Avant d’accoster aux éditions de l’éclat, ce projet a bénéficié du programme Résidence d’écrivains de la région Île de France. Merci à Sylvie Labas, la libraire de Folies d’encre à Saint-Denis, de l’avoir accueilli et porté à ses débuts, au collectif Précipité (notamment Thierry Braibant et Joachim Gatti), à tous ceux qui ont participé aux séances de lecture et à la réalisation des quatre numéros du Journal de la Horde et du site web afférent, notamment Jean Jover, Rossalinda Scalzone, Constantin Alexandrakis.